- vue sur mer
vue sur mer
Huile sur toile
Monogrammée en bas à gauche
1924
30 x 41,4 cm

Théo Van Rysselberghe

(Gand 1862 - Var (France) 1926)

Œuvres

Théo Van Rysselberghe - Maria Van Rysselberghe lisant

Biographie

Théo Van Rysselberghe était le plus jeune des six enfants d’un entrepreneur de Gand. Tandis que plusieurs de ses frères devinrent ingénieurs ou architecte, Théo voulait être peintre. Après ses études à l’Athénée et à l’Académie de Gand (chez T. Canneel), il vint à Bruxelles où il étudia avec Portaels. Bien qu’il ne restât qu’un an à l’académie, il y rencontra plusieurs des futurs Vingtistes dont Rodolphe Wytsman, Frantz Charlet, Dario de Regoyos et Willy Schlobach.
Peint à ses débuts des oeuvres sombres de tradition romantique ou réaliste. Sa première exposition, à Gand en 1881, lui vaut une bourse de voyage qui lui est octroyée par l’administration communale.
Ses peintures ayant été acceptées aux Salons officiels de 1880 et 1883, Van Rysselberghe quitta alors l’académie et se mit à étudier par lui-même.
Vers 1882, et en compagnie de C. Meunier, Charlet et de Regoyos, il visite l’Espagne et le Maroc. D’un second voyage au Maroc, en 1883 - 1884, il ramène la ‘Fantasia Arabe’. Impressionné par la lumière d’Afrique, sa palette s’éclaircit.
En 1883, il fonde, avec entre autres J. Delvin, J. Ensor, G. Vogels et Octave Maus, le cercle des XX qui se donne pour but d’activer les échanges artistiques entre la Belgique et Paris. Il aida à constituer Les XX, mais il était à Tanger au moment de l’ouverture du premier Salon du groupe. Il fut l’un des membres les plus actifs, s’enquérant souvent de nouveaux talents en allant visiter les ateliers des artistes. Ces visites aboutirent aux invitations de Henri de Toulouse-Lautrec, Albert Dubois-Pillet, Vincent van Gogh, Paul Gauguin et Charles Fillinger. Il y expose chaque année jusqu’à la dissolution du groupe en 1893. Il y rencontre notamment J. Whistler dont l’influence se fait sentir dans ses portraits d’Octave Maus et de Marguerite Van Mons. Cette année-là, il fait la rencontre en Hollande du critique Emile Verheyden avec qui il maintint une longue amitié.
En 1886, en compagnie d’E. Verhaeren, il se rend à Paris et y découvre le néo-impressionnisme, plus spécialement l’oeuvre de Seurat qui expose le ‘Dimanche à la Grande Jatte’.
D’abord réticent devant cette nouvelle tendance, après quelques timides essais il en devient, dès 1888, un fervent adepte, le premier en Belgique. Il sera le seul néo-impressionniste à soumettre l’art du portrait aux lois du divisionnisme. Ses personnages n’auront toutefois ni la rigidité ni la froideur de ceux de Seurat et n’en seront que plus vivants.
De 1890 à 1906, il expose régulièrement à Paris au Salon des Indépendants, fondé dès 1884 par Seurat, Signac et Cross à la suite de quoi il devint un membre actif de l’avant-garde parisienne. En 1898 il se fixe définitivement à Paris, où le rejoint bientôt E. Verhaeren.
Il continue d’exposer régulièrement à Bruxelles aux salons de La Libre Esthétique, cercle qui avait pris la relève des XX. Dès 1900 cependant, sous l’influence sans doute de ses amis nabis - M. Denis, Vuillard et Bonnard - mais aussi du fauvisme, il prend ses distances vis-à-vis du néo-impressionnisme.
De 1903 date son oeuvre capitale ‘Une lecture’ qui réunit autour de Verhaeren quelques amis du peintre. Oeuvre charnière entre deux périodes - inspirée peut-être de l’Hommage à Cézanne’ peint par M. Denis en 1900 -, on y décèle l’abandon progressif d’un procédé trop méthodique pour une facture plus large, plus libre, mais restée fidèle à la peinture claire.
Il s’agit toujours d’une technique en accord avec le néo-impressionnisme : mélanges optiques par petites touches juxtaposées, prédilection pour l’acidité des tons purs, où étonnent les violets, mauves et bleus, jusqu’alors soigneusement cassés.
Ses marines de style impressionniste furent exposées en 1889 aux XX. Elles furent unanimement louées pour leurs effets d’atmosphère scintillante. Les chaloupes de pêche prenant le large qui évoque les marines de Monet des années 1870, montre les capacités techniques de Van Rysselberghe et sa sensibilité à la lumière comme à la couleur. La composition, presque abstraite dans sa simplicité, est créée au moyen de coups de pinceaux fluides et rapides. Le mélange nuancé des traits bleu lavande et de bleu enluminé de rose évoque, avec un minimum de moyens, l’excitation de naviguer à voiles sous les cieux venteux et changeants de la Mer du Nord.
Vers 1906, il abandonna la technique pointilliste pour le tachisme qui se marque avec son éveil au Fauvisme.
Les oeuvres des vingt dernières années - quelques nus, de nombreux portraits, des vues de Provence où il réside fréquemment et des marines de la Côte d’Azur- dénotent un retour vers un style plus académique. Comme le peintre le déclare lui-même, pour réagir contre ce qu’il trouve d’un peu dépouillé, d’un peu grêle dans sa peinture pointilliste, il cherche plus de consistance, plus de force, plus de volume, sans négliger la recherche dans la couleur des jeux de lumière, ce en quoi il se rapprocha des fauves.
Fortuné, car issu d’une famille de la grande bourgeoisie, il voyagea énormément et exposa un peu partout lors de ces mêmes voyages : Athènes, Constantinople, Bucarest, Budapest, Vienne, Berlin, Londres, Moscou, Saint-Pétersbourg, Dresde.
Van Rysselberghe a gravé aussi une trentaine d’eaux-fortes et modelé quelques sculptures, notamment un ‘Buste d’André Gide’. On lui doit aussi d’admirables dessins qui évoquent tout autant l’art d’un Seurat que celui d’un X. Mellery. Avec H. Van de Velde, il participa au renouveau des arts décoratifs en Belgique, créant des projets de mobilier, de bijoux, des affiches. Il peignit, sur commande des architectes, un bon nombre de grands panneaux décoratifs. On retiendra surtout ses illustrations et ses décors calligraphiques, notamment pour les poèmes d’E. Verhaeren. Il fut élu membre associé de l’Académie royale de Belgique.