- Nel accoudée
Nel accoudée
Encre de chine sur papier
Porte le cachet de la vierge folle au dos. Certifié par Mme Rik Wouters en bas à droite : 'Je certifie que ce dessin est de la main de Rik Wouters' Mme Rik Wouters.
265 x 337 mm

Rik Wouters

(Malines 1882 - Amsterdam 1916)

Œuvres

Rik Wouters - Le peintre Edgard Tytgat avec ses marionnettes

Biographie

Peintre, sculpteur, graveur. Né dans une famille d’ébéniste, sa personnalité comme peintre et sculpteur s’est développée d’une façon extrêmement rapide. A l’âge de douze ans déjà, il travaille le bois dans l’atelier de son père. Il apprend le métier de sculpteur sur bois chez T. Blieck.
Mais très tôt, il se met également à peindre. Il suit avec assiduité les cours à l’Académie de dessin de Malines et en 1902 à Bruxelles dans l’atelier de J. Aerts.
A partir de 1907, il se fixe définitivement à Boitsfort et la même année il commence à envoyer de ses oeuvres à diverses expositions.
Il se marie en 1905 avec la jeune Nel qui sera son modèle privilégié.
Il connaît des moments de misère noire et est obligé d’exécuter des travaux industriels. Il remporte ses premiers succès en 1907, à l’Exposition triennale de Bruxelles et en 1909, au salon de la société anversoise « L’Art Contemporain », à laquelle il restera fidèle jusqu’à la fin.
En 1912, son exposition à la Galerie Giroux, à Bruxelles, est une véritable révélation.
Rik fait un voyage à Paris, où Rodin, Renoir, les impressionnistes français et surtout Cézanne lui font une profonde impression.
En mai 1914, toute l’oeuvre qu’il avait réalisée jusqu’alors est réunie pour la première fois à « L’Art contemporain ». Au mois d’août, après la chute d’Anvers, la guerre le chasse comme soldat en Hollande.
Après un court séjour au camp d’internement de Zeist, il se fixe d’abord à Amersfoort et ensuite à Amsterdam. Avec l’appui des mécènes hollandais, il se remet courageusement au travail. Mais la maladie, qui le mine depuis des années déjà, s’aggrave par des fatigues et des émotions constantes. Après un long et atroce martyre, après trois terribles opérations, il meurt le 1er juillet 1916 à l’âge de 34 ans.
Rik Wouters dessinera sa vie durant. Sa spontanéité le pousse vers l’esquisse rapide : grâce à elle, il saisit, dans toute leur mobilité, les aspects de la vie et les fixe d’une main sûre.
1908 - 1909 est l’époque où il montre une prédilection pour la technique du couteau, au moyen duquel il étend audacieusement de larges coulées de couleur pure. Mais c’est aussi l’époque où James Ensor commence à exercer son influence sur les jeunes peintres flamands. Rik Wouters l’admire. Cette influence vivifiante d’Ensor fut profitable à Wouters. Elle contribua à sa formation technique.
C’est en 1912 qu’il exécute la statue qu’il appela « La vierge folle » et qui matérialise la personnalité généreuse et pleine d’allégresse de l’artiste.
A cette époque, sa production picturale est également fort riche. Il se libère de l’influence d’Ensor et dégage davantage sa personnalité.
Le succès matériel de son exposition de 1912 aux Galeries Giroux, lui permet d’entreprendre un voyage à Paris. Il y éprouve une admiration sans bornes pour l’oeuvre de Renoir et de Cézanne et de beaucoup d’autres artistes.
Ce que ses tableaux de 1912 avaient fait pressentir est confirmé après son voyage à Paris. Il va tendre de plus en plus à ce que Maurice Denis a appelé d’une façon si juste « la déformation subjective de la nature et en même temps un objet composé pour le plaisir des yeux ».
Il est incontestable que dans plus d’une de ses oeuvres de 1912, on retrouve un souvenir de Renoir ou de Cézanne qui ont été pour lui des exemples convaincants. Mais sa personnalité reste toujours intacte. Partout triomphe sa vision propre, vision de lumière radieuse et de joie exultante.
Il va alors, comme les fauves à Paris mais dans une indépendance absolue, simplifier de plus en plus sa facture et évoluer vers un style plus concis, une synthèse plus constructive (synthèse d’esprit cézannien). Il mène sa palette vers les tons purs étalés en touches expressives. Avant l’éclosion de l’expressionnisme flamand, il est considéré comme la figure centrale du courant fauve brabançon.
1914. La guerre fait de Rik Wouters un autre homme ; il a perdu la joie de vivre, mais il conserve son goût du travail. Les cris de joie, la tendresse éclatante ont fait place à une mélancolie latente. Son coloris est devenu plus profond et plus lourd. C’est à Amsterdam en compagnie de Nel qu’il peint ses derniers chefs-d’oeuvre.
On dit que l’art de Rik Wouters fut la rénovation de l’impressionnisme belge, il faut y ajouter qu’il fut en même temps un retour décisif à la construction, au style, à l’expressionnisme du sentiment.