- Sans titre
Sans titre
Gravure
Signé et daté en bas 'Delstanche Août 35'

Albert Delstanche

(Bruxelles 1870 - Bruxelles 1941)

Œuvres

Albert Delstanche - femme à table
Albert Delstanche - Sans titre

Biographie

Descendant d’une lignée de médecins et petit-fils de Jean-Baptiste Madou (1796-1877) par sa mère, Albert Delstanche nait à Bruxelles le 8 mai 1870.
Dès l’enfance, il révèle des dons pour le dessin et réalise une première estampe à la fin de ses études secondaires. En 1891, il obtient son doctorat en droit.
Il s’inscrit au barreau en 1894, mais ne fera qu’une brève carrière d’avocat.
Il se marie en 1895 avec Madeleine Vanderborght qui l’encourage à suivre sa vocation d’artiste.
C’est ainsi qu’il suivra les cours de l’Académie de Bruxelles et qu’il se perfectionnera en 1899 à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf.
Albert écrira des articles sur la gravure du XVIIème et sur la lithographie en Belgique.
En 1908, il effectue un voyage d’études en Italie.
En 1911, il demande à être mis en disponibilité à la Bibliothèque Royale et se consacre, dès lors, entièrement à son art
Entre 1911 et 1914, il se partage entre Bruxelles et Oudenburg (Flandre Occidentale).
Il y séjourne souvent, dans la propriété des Vanden Eeckhoudt et y grave ses premiers bois.
Exil en Angleterre de 1914 à 1919. Il y remplacera Jules Destrée comme Secrétaire du Comité pour les Artistes Belges en Exil.
A ce titre, il s’efforcera de porter assistance à Alfred Bastien, Adrien Blomme, Emile Claus, Valerius de Saedeleeer, Jean Delville, Hyppolite Daeye, Emile Fabry, Marcel Jefferys, Georges Minne, Constant Permeke, Victor Rousseau, Edgard Tytgat…et bien d’autres.
Il illustre en 1916 « The little Towns of Flanders » d’Emile Verhaeren, en exil lui-aussi, ainsi que les ouvrages de Charles De Coster « The Legend of Tyl Ulenspiegel » et « Flemish Legends ». Tous ces ouvrages porteront au monde anglo-saxon, comme le fera George Bellows dans ses War Series, un écho des tragédies de la guerre et de la Belgique occupée.
Revenu en Belgique en 1919, il crée ses monotypes et fait, en 1920, un séjour chez son ami Jean Vanden Eeckhoudt à Roquebrune. Celui-ci fera d’ailleurs son portrait en 1936.
L’idée du monotype (fleurs ou scènes à plusieurs personnages) lui en est venue à la lecture de notes laissées par Degas. Il rédigera sur ce sujet, à la fin de sa vie, une communication académique.
Dès 1921, il se consacre à l’eau-forte, à la pointe sèche, au dessin à la plume ou au roseau, au lavis. Sa passion pour la gravure et les bois en particulier, marquera finalement sa vocation d’artiste.
En 1927, Delstanche grave surtout des eaux-fortes inspirées par la mer et illustre « La Route d’Emeraude » d’Eugène Demolder. Albert illustre également « La légende d’Yperdamme ».
Le texte est merveilleux et les gravures splendides.
C’est en 1929 qu’il s’établit à Ohain où il travaillera jusqu’en 1940, se consacrant au lavis à l’encre de Chine ou à l’eau-forte. Pierre Poirier l’appellera le maître d’Ohain. Ses sources d’inspiration seront la campagne brabançonne et ses petits-enfants.
Il y produira des gammes de magnifiques paysages. On le verra partir sur le motif, non pas avec le carton toilé, le carnet et le chevalet pliable…mais avec sa plaque de métal.
De cette période datent aussi de très nombreux dessins de scènes familiales et des portraits d’enfants, dans lesquels certains commentateurs verront du Goya ou du Rembrandt, mais où transparaissent surtout une vision délicate, enjouée et intimiste d’instantanés de vie.
Un talent méconnu et extraordinaire de dessinateur, de celui qui glanait des roseaux à tailler dans les étangs d’Ohain et qui pouvait distribuer, avec une étincelante aisance, ses touches de lavis d’encre de Chine. En 1940, il est nommé membre correspondant (section gravure) de la classe des Beaux-Arts de l’Académie Royale de Belgique.
Albert décède à Bruxelles le 6 juillet 1941.