- La tricoteuse
La tricoteuse
Crayon et encre lavis sur papier
Signé en bas à gauche : 'X Mellery'
Circa 1890
31 x 23 cm

Xavier Mellery

(Bruxelles 1845 - Bruxelles 1921)

Œuvres

Xavier Mellery - Paysage

Biographie

Peintre de compositions décoratives, de figures, de genre, de portraits, d'intérieurs. Dessinateur et illustrateur. Suit les cours à l'académie de Bruxelles (1860 - 1867) et fréquente l'atelier Portaels.
Ses premières oeuvres sont influencées par Henri Leys et Charles De Groux.
Un voyage à l'Ile de Marken est à l'origine de sa vraie manière, un essai d'expression du "silence" et de "l'âme des choses" où il interprète des effets nocturnes et la lumière du soir sur les êtres et les choses. Les intérieurs et la simplicité des habitants de l’île orientent son art vers un pré expressionnisme parfois comparé à la « Période de Nuenen » de V. Van Gogh.
Xavier Mellery s’est volontairement isolé, il a recherché la solitude car, selon lui, c’est à l’écart qu’on finit par se rencontrer soi-même. Son univers dégage un halo de travail, de persévérance, d’opiniâtreté.
A mesure qu’il va, son besoin de recueillement et de solitude se fait plus pressant.
L’artiste recherche les coins tranquilles, les fonds de jardins, les vestibules silencieux, les chambres closes, les béguinages, les cloîtres ; il affectionne ces lieux qui lui permettent de méditer et d’aiguiser son émotion jusqu’à devenir hyper sensible au mystère et à ne plus s’arrêter de frémir religieusement. Il aime le froid des cryptes, l’ombre sous les voûtes des églises ; il aime le soir qui pénètre furtivement dans les chambres, les escaliers et les corridors déserts. C’est dans ces ambiances crépusculaires que les formes et les couleurs se font oublier, l’émotion est reine.
A force de rechercher l’âme des choses, il finit par dégager certaines visions synthétiques qui ont pris corps dans son esprit. La pierre évoquera l’image de la ténacité et de la force, l’escalier qui monte silencieusement dans l’ombre fera naître l’idée de l’idéal à atteindre.
Mais au coeur de toute cette ombre, jamais la lumière pourtant ne s’est éteinte complètement. Elle est parfois réduite à l’extrême : une veilleuse, le soupirail d’une cave, une porte entr’ouverte ; mais qu’on se trouve dans le réduit le plus fermé, dans la crypte la plus profonde, dans l’hiver le plus noir, elle n’est en aucun cas totalement absente. Et ce peu de lumière illumine miraculeusement toute l’obscurité.
L’espoir chez Mellery jamais ne meurt.
Voyage en Italie, en Suisse et en Autriche pendant plusieurs années (1890). Il réalise une série de 48 projets de statuettes illustrant les métiers du Petit Sablon de Bruxelles et peint des projets d’allégories sur fond d’or pour des édifices publics. On lui doit encore quelques beaux dessins intimistes traduisant une poésie de la solitude et du silence.
En un fantastique réel, Mellery transpose une « rêverie matérielle », méditation sur la vie cachée des choses. Son oeuvre surprend par l’humilité des sujets (escalier, vestibule, chambre à coucher) et sa fascination pour le dialogue ombre-lumière.
Précurseur du Symbolisme et Professeur de F. Khnopff.
Membre de l'Académie Royale de Belgique.
On distingue deux catégories dans sa peinture : la peinture animiste et la peinture décorative à caractère symbolique, allégorique et littéraire.