- Le sacrifice
Le sacrifice
Mine de plomb, fusain et pierre noire, rehauts de craie blanche, crayon de couleur et lavis gris sur papier velin
Monogramme au crayon rouge en bas à droite : 'F.R.'
Circa 1882
278 x 175 mm

Félicien Rops

(Namur 1833 - Corbeil-Essones (France) 1898)

Biographie

Peintre et graveur. Elève de F. Marinus à l’Académie des Beaux-Arts de Namur, il fréquente ensuite l’atelier Saint-Luc à Bruxelles, en compagnie de L. Dubois, L. Artan, Ch. De Groux et C. Meunier.
Après avoir collaboré au Charivari belge, il fonde, en 1856, grâce à la fortune héritée de son père, le journal satirique Uylenspiegel qui révèle son talent de caricaturiste et de dessinateur politique. Félicien acquiert sa renommée comme graveur, lithographe, aquafortiste, expérimentant ensuite toutes les possibilités de combinaison entre l’eau-forte, le vernis mou, l’aquatinte et la pointe sèche.
Doué d’une insatiable curiosité pour son époque, il est surtout attiré par la femme du XIXe siècle, prostituée ou « possédée du diable » selon Joséphin Péladan, grand admirateur de Rops. Il déploie à l’égard de cette femme, une imagination extraordinaire alliée à un puissant don d’observation qui évoquent Degas et devancent parfois l’acuité d’un Toulouse-Lautrec.
Installé définitivement à Paris en 1874, il devient un illustrateur très célèbre, familier des cercles littéraires et des grands auteurs du temps, de Barbey d’Aurevilly - pour qui il réalise la série des Diaboliques -, à Villiers de l’Isle-Adam, les frères Goncourt ou Verlaine. Outre le scandale qu’elle provoqua, Pornokratès (aquarelle, pastel et gouache, 1878, Bruxelles, Comm. Française, en dépôt à Namur, Mus. Prov. Félicien Rops) est une oeuvre majeur qui fait appel à un ésotérisme propre à satisfaire la littérature symboliste du temps, à laquelle Rops a d’ailleurs fourni de nombreuses correspondances plastiques.
S’il consacre presque tout son temps à répondre aux commandes des nombreux amateurs de ses gravures un peu lestes, la peinture reste toutefois un moyen d’expression constant durant toute sa vie.
Rops participe à la fondation de la Société libre des Beaux-Arts en 1868 et est membre du groupe des XX de 1886 à 1893. Ses premières peintures La méditation de l’avocat, vers 1858, sont orientées vers la satire de mœurs et illustrent, comme ses dessins ou certaines lithographies, ses dons de « caricaturiste », dans la lignée de Daumier et de Gavarni.
La mort au bal exalte romantiquement le mythe de la femme fatale cher à Baudelaire, ami de la première heure avec qui il partage aussi le goût du dandysme. Les sujets inspirés de la « modernité » sont également traités picturalement, dans une technique réaliste. Mais c’est surtout au paysage qu’il réserve ses compositions à l’huile. Ainsi, certains paysages de Meuse ou de Seine, certaines marines célébrant la beauté rude de la mer du Nord sont marquées par l’impressionnisme ; la touche se fait alors plus vibrante et les tonalités plus claires.