- Le chant interrompu
Le chant interrompu
Plâtre
Signature et date en caractère imprimé sur le côté de la terrasse: 'Victor Rousseau - 1947'
153 x 78 x 40 cm

Victor Rousseau

(Feluy 1865 - Bruxelles 1954)

Œuvres

Victor Rousseau - Petite idole

Biographie

Le sculpteur Victor Rousseau est né à Feluy le 16 décembre 1865.
La maison paternelle, construite sur le banc granitique, dominait les carrières à ciel ouvert qui se déployaient sur elle en éventail.
De l’autre côté, les vergers escaladaient la crête de la colline. Vers 1870, ses parents quittèrent le village pour s’établir à Bruxelles. A dix ans, on le laissa retourner à Feluy pour apprendre aux carrières à travailler la pierre avec ses oncles. Son grand-père maternel se chargea de son éducation. Ensemble, le vieillard et l’adolescent soignaient les fleurs du jardin et les ruches. Ensemble, ils allaient promener le dimanche au bois.
Ainsi la jeunesse de Rousseau fut guidée par une affection éclairée.
Son grand-père avait la sérénité des êtres forts, cette confiance dans la vie sans laquelle on ne peut rien accomplir de durable et de grand. L’un des oncles, avec qui il apprenait à tailler la pierre, fut aussi un compagnon précieux pour le jeune homme. Grâce à lui, Victor devint sensible à la grâce des formes et des sonorités.
Rousseau acheva son apprentissage aux carrières de son village. Il oeuvrait déjà comme un bon ouvrier lorsque les entrepreneurs du Palais de Justice de Bruxelles vinrent aux carrières de la Samme embaucher tous les tailleurs de pierre qui voulurent accepter leurs offres. Les parents du jeune Victor avaient accepté pour lui. Une vie nouvelle allait commencer pour lui. Il travaillait donc au Palais de Justice de Bruxelles ou se poursuivaient activement les travaux de taille et de sculpture. Cette existence était rude pour son corps trop frêle et ses nerfs trop sensibles. Rousseau travailla donc sept années aux chantiers et sur les échafaudages du Palais de Justice de Bruxelles. Il s’instruit par lui-même, étudie avec opiniâtreté et parvient à sauter le large fossé qui sépare l’ouvrier de l’intellectuel, l’artisan de l’artiste. Il entra le soir aux ateliers du sculpteur ornementiste Georges Houtstont pour suivre les cours de dessin de Saint-Josse-ten-Noode et ceux de Charles Van der Stappen à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Plus que les cours du soir de l’Académie, le théâtre répondit à certaines aspirations de Rousseau. C’était l’époque des représentations de Wagner. La Monnaie était bondée de jeunes musiciens, de jeunes peintres, de jeunes sculpteurs, de jeunes écrivains dont l’exaltation se traduisait par des discussions vibrantes. La littérature et la peinture avaient à lutter contre des formules, contre des préjugés. Wagner était une sorte d’apôtre de la liberté. Wagner avait révélé l’art à Rousseau. Beethoven illumina sa vie intérieure. Le premier résultat de la symbiose entre la musique et la sculpture lui valut le prix Godecharle. Avec cette bourse de voyage de trois ans, Victor a achevé son éducation artistique. Il part en France et en Italie. Il a vingt-cinq ans. Libéré de toute besogne, il visita l’Angleterre et se fixa deux années à Paris. Il consacra la dernière année à visiter l’Italie.
Victor rentra en Belgique en 1894 la tête remplie de beauté. Les œuvres se succèdent. Des thèmes généraux sollicitèrent l’artiste. Chaque œuvre nous révèle tout un monde sensible. Chaque œuvre nous suggère toutes sortes de sujets de méditation en même temps qu’elle enchante notre œil par la grâce de ses lignes. La simplification des formes est une préoccupation constante de Victor.
De ses créations se dégage une sorte de magnétisme qui nous tiendra constamment sous le charme. Il nous donne en même temps que le frisson de la beauté plastique, le sentiment d’une grandeur morale, ce qui est, pour Balzac, le point culminant de l’âme.
Aussi bien retrouve-t-on, dans chacune des œuvres de Rousseau, le même caractère d’élévation dans la grâce.