- Le Pont au-delà de Zandvoorde
Le Pont au-delà de Zandvoorde
Crayon et aquarelle sur papier
Signé et daté en bas à droite 'L. Spilliaert 1924'
30,3 x 49,7 cm

Léon Spilliaert

(Ostende 1881 - Bruxelles 1946)

Œuvres

Léon Spilliaert - Autoportrait

Catalogue

Biographie

Léon Spilliaert naît à Ostende le 28 juillet 1881. Son père est propriétaire d’une pharmacie. Autodidacte. Il est d’abord employé, vers 1903, chez Edmond Deman qui est l’éditeur des symbolistes. Il aime lire Maeterlinck, Nietzsche et Verhaeren avec qui il se liera d’amitié. Découvre les œuvres d’Odilon Redon. En 1904, Léon habite Paris et expose chez Clovis Sagot qui est également le marchand de Picasso.
Il épouse Rachel en 1916 et ils viennent s’établir à Bruxelles.
Nombreux voyages en France, Allemagne, Pays-Bas et Angleterre.
Pratique l’aquarelle, la gouache, les crayons de couleur, le pastel et l’encre de chine.
Il a le don de mélanger les techniques.
Au début de sa carrière, il utilise beaucoup d’encre de chine. Ses noirs sont aussi nuancés que ceux de Redon. La seule influence qu’il admet est celle de Toulouse-Lautrec, mais il vénère Ensor et s’est imprégné de l’oeuvre graphique de Munch.
Ses penchants à la mélancolie, à l’inquiétude et au rêve font de Spilliaert un symboliste. Le mystère habite les vues nocturnes d’Ostende - certaines arcades désertes annoncent Chirico - les autoportraits angoissés, les natures mortes habitées de plantes vertes, de boîtes, de flacons, d’horloges et de miroirs. Il affectionne les personnages solitaires, souvent de dos, en relation de plaisir ou d’effroi avec la mer.
Si Chirico nous a donné la majesté des forums romains vides de vivants avec l’intégralité du Silence, Spilliaert, quelques années plus tôt, a su rendre les lignes fuyantes et pures d’une Ostende endormie qui aboutit bientôt aux jets lumineux du maigre phare et aux interminables colonnades des Galeries Royales.
Entre 1909 et 1913, Spilliaert participe à Bruxelles aux Salons du Printemps, des Indépendants, du Sillon et aux Bleus de la Galerie Georges Giroux.
Dans les années qui suivent, il expose régulièrement. Il apparaît alors comme le visionnaire d’une réalité insolite. Il frôle l’abstraction. Spilliaert forme une charnière entre le symbolisme et un expressionnisme personnel. Entre 1909 et 1913, ses silhouettes simplifiées et puissantes de pêcheurs et de femmes de pêcheurs ont influencé Permeke. 1912 - 1913, époque des grands pastels quasi expressionnistes. Spilliaert déforme en fonction de sa subjectivité. L’ironie pointe. L’économie des moyens et l’esprit de synthèse demeurent prépondérants. Sa période de prédilection est antérieure à 1914. Après son mariage (1917), Spilliaert met beaucoup plus de couleurs dans ses œuvres. Mais celles-ci restent de très belles qualités. Ses aquarelles et ses gouaches sont bien enlevées. Dans les années vingt, il s’essaie maladroitement à l’huile.
En 1932, voyage avec sa fille en Autriche, en Suisse et en Italie.
Il se ressaisit pendant la guerre en utilisant un motif qu’il a toujours aimé, les arbres et les sous-bois. Ses œuvres révèlent, comme les œuvres noires, un certain mystère.
Farouchement indépendant, il ne s’est lié à aucune école ni aucun programme. C’est un isolé qu’entourent seuls quelques amateurs éclairés et fidèles et aussi les poètes qui le comprennent. C’est pourquoi il sera longtemps méconnu du public belge et ignoré à l’étranger.