- Autoportrait (dessin préparatoire)
Autoportrait (dessin préparatoire)
Fusain, sanguine, estompe et gouache d’or sur papier
Signature en bas à droite FJ : Navez
Circa 1854
328 x 220 mm

François-Joseph Navez

(Charleroi 1787 - Bruxelles 1869)
  - Autoportrait (dessin préparatoire)
Autoportrait (dessin préparatoire)
Fusain, sanguine, estompe et gouache d’or sur papier
Signature en bas à droite FJ : Navez
Circa 1854
328 x 220 mm

Biographie

Peintre de sujets religieux, de portraits, de scènes de genre, d’histoire et mythologiques.
François-Joseph Navez est élève de l’Académie de Bruxelles de 1803 à 1808 et de Pierre Joseph Célestin François de 1808 à 1811, dont il reçoit une formation néoclassique. En 1811, lors de son premier salon, la Société pour l’Encouragement des Beaux-Arts de Bruxelles lui attribue le prix de composition. Un an plus tard, il obtient le premier prix de peinture au Salon de Gand, avec Virgile lisant à Auguste le sixième livre de son Énéide. À la suite de cela, en 1813, Navez obtient de la Société une bourse qui lui permet de poursuivre sa formation à Paris, auprès du peintre Jacques Louis David. Lorsque ce dernier est exilé à Bruxelles, en 1816, Navez l’y rejoint. Tout en poursuivant auprès de lui ses études, il l’aide pour certains de ses portraits.
Grâce à une bourse octroyée par la Société des Beaux-Arts en 1817, Navez quitte Bruxelles pour l’Italie et séjourne quatre ans à Rome. Il y peint entre autres La Sainte Famille, Agar et son fils, Élisée ressuscitant le fils de la Sunamite ou Scène de musique, œuvres qui allaient retenir, par leur qualité l’attention du public. On y perçoit l’influence du purisme des Nazaréens et de Jean-Auguste-Dominique Ingres, dont il découvre les œuvres à Rome. C’est à Rome encore que Navez peint ses premières scènes pittoresques, dites à l’italienne.
À son retour en Belgique, en 1822, Navez apparaît comme un artiste au talent confirmé. Son succès fut grand et nombreux étaient les élèves qui fréquentaient l’atelier qu’il ouvre à Bruxelles de 1830 à 1859. Seule ombre au tableau d’une carrière qui s’annonçait prometteuse, l’échec qu’il essuie au Salon de Bruxelles de 1830 face à la nouvelle école romantique avec son œuvre Athalie interrogeant Joas ou Le Songe d’Athalie. On lui reproche de prendre David et les peintres italiens de la Renaissance comme modèle plutôt que Rubens et les baroques flamands et d’emprunter ses sujets à la Bible plutôt qu’à l’histoire nationale. En 1833, pourtant, et avec la même œuvre, il remporta un vif succès au Salon de Paris. Pendant plusieurs années, il est considéré comme le premier représentant de l’École belge, jusqu’à ce qu’il soit détrôné par Wappers, figure de proue du romantisme anversois.
À partir des années 1830, Navez occupe un certain nombre de positions officielles : professeur puis directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, vice-président de la Commission royale des Monuments dès sa création en 1835, membre de la Commission du Musée, dont il devient le président à partir de 1846, et, dès 1845, année de sa fondation, membre de la classe des Beaux-Arts de l’Académie royale des Lettres, des Sciences et des Arts. Il siège également, à différentes reprises, dans le comité organisateur des Salons bruxellois, où ses interventions sont d’ailleurs contestées par les tenants de l’école romantique.
Par ses nombreuses activités qu’il maintient jusqu’à la fin de sa vie, Navez a eu une influence considérable sur le climat artistique à Bruxelles. Son enseignement a marqué plusieurs générations de peintres, les uns représentants du courant réaliste, les autres empreints de l’idéalisme de leur maître. Navez laisse une œuvre abondante dont l’histoire de l’art nationale n’a, le plus souvent, retenu que les portraits. On compte quelque soixante-sept tableaux d’histoire, nonante-six scènes de genre et plus de deux cents portraits.
Les partis pris théoriques des défenseurs du réalisme à la fin du XIXe siècle ne les portaient guère à apprécier le côté idéaliste de l’œuvre du peintre. À leur suite, l’idée d’un Navez auteur de toiles glacées, d’un académisme ennuyeux, allait être reprise durant des décennies. C’est cette partie de l’œuvre, en particulier l’œuvre religieuse, que l’on est amené à revoir aujourd’hui, non seulement par rapport au courant néoclassique, mais aussi en relation avec les courants puristes, que Navez a découverts pendant son séjour à Rome. Dans ce contexte, sa découverte de la peinture flamande des XIV et XVe siècles fut tout aussi importante, ainsi que le travail théorique qu’il effectua à son propos, notamment dans son Mémoire adressé à l’Institut de France en 1839.
C’est également à Rome, sous l’influence de ses amis Léopold Robert et Victor Schnetz, que Navez se met à peindre des scènes de la vie populaire et paysanne italienne, genre qu’il continue de pratiquer de retour en Belgique. Ce sont en effet ces tableaux, généralement de petites dimensions, qui, plus que ses grandes compositions religieuses, ont eu la faveur du public et ont trouvé acquéreur auprès d’une clientèle bourgeoise, la même dont il nous laisse de nombreux portraits à côté de ceux de ses amis peintres et de ses proches –Le Portrait de David, Le Portrait de Schnetz, La Famille Hemptinne, chef-d’œuvre par excellence de la Renaissance de la peinture belge.
Sa fille est l’épouse du peintre Jean-François Portaels, qui le succédera comme premier professeur de peinture et comme directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.
Références :
- Sibylle Valcke, « François-Joseph Navez », in Éliane De Wilde (préface), Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, t. 2, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, pp. 768-769.
- Paul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècle, t. 2, Ohain, Art in Belgium, p. 218.