- Jeune femme en rouge
Jeune femme en rouge
Crayon, aquarelle et pastel sur papier japon, fond métallisé
Monogramme et signature en haut à droite : SW / Walter Sauer
1924
470 x 380 mm

Walter Sauer

(Bruxelles 1889 - Alger 1927)
  - Jeune femme en rouge
Jeune femme en rouge
Crayon, aquarelle et pastel sur papier japon, fond métallisé
Monogramme et signature en haut à droite : SW / Walter Sauer
1924
470 x 380 mm

Biographie

Walter Sauer est né à Bruxelles le 12 février 1889 dans une famille bourgeoise de tradition allemande. Son père, professeur d’Histoire de l’Art et de Reliure, initie chez son fils une sensibilité particulière pour le monde de l’art. Vers 1900, la famille déménage à Forest. Profitant de l’installation dans le voisinage du sculpteur Victor Rousseau et des relations cordiales que ce dernier noue avec son père, Walter passe de nombreuse heures dans l’atelier de l’artiste qui l’initie aux fondements de la sculpture. Quelques essais infructueux détournent à jamais l’enfant de cette voie. Néanmoins, il tisse une amitié profonde et durable avec son illustre voisin.
 
Walter Sauer entre à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles en octobre 1903 à l’âge de 14 ans. Il y suit les cours de professeurs éminents tels que les artistes Constant Montald, Émile Fabry et Jean Delville. En 1907, Walter Sauer obtient un premier prix en Composition décorative ainsi qu’une bourse de 1000 francs. A cette époque, en flânant dans les boutiques d’antiquaires, il fait la rencontre de Murakami. Ce moment va bouleverser sa conception de l’art. L’antiquaire l’initie à l’art d’Extrême-Orient et plus particulièrement à la technique de l’estampe japonaise.
« C’est chez Murakami que Sauer a appris à admirer le trait calligraphique qui caractérise les arts de l’Asie et qu’il osa concevoir l’ambition de se rendre maître, quelque jour, de cette ligne qui sait tout exprimer [...] Il avait abandonné Holbein, le maître de son enfance, et c’était Koriusaï qu’il interrogeait maintenant, et Kyonaga, et Shunyei, prenant à l’un sa ligne souple et robuste, ses oranges plombés, à l’autre le secret de l’élégance qui reste du grand art, au troisième la fluidité de ses draperies et l’économie du geste synthétique. »                                                                                    Georges-Marie Baltus
 
En 1910, Sauer est invité à séjourner dans la villa du peintre Jean Vanden Eeckhoudt, avec lequel il entretient des liens d’amitié depuis plusieurs années. Il y dessine beaucoup, accompagné dans ses déplacements de la fille du peintre qui relatera bien plus tard ces journées de complicité. Les séjours passés dans la propriété des Vanden Eeckhoudt ont une influence sur son œuvre naissante. A cette époque, Walter Sauer peint à l’huile dans l’esprit affiché par le maître des lieux. Loin de ce qui fera son originalité, ces œuvres aux couleurs souvent pures et appliquées avec vigueur offrent à l’artiste ses premières opportunités d’exposer. Paysages, fleurs et natures mortes sont alors ses thèmes dominants.
 
C’est en juin 1914, au Salon triennal de Bruxelles, que se révèle l’une des ambitions de Sauer : la grande peinture décorative. La guerre entraîne alors des années difficiles pour les artistes et Walter, exempté de tout combat par sa santé fragile, abandonne la peinture vers 1916 pour se consacrer au dessin. Il se dégage de l’influence stylistique de Vanden Eeckhoudt et laisse libre cours à sa nature profonde, nourrie des conseils de Rousseau ainsi que de son amour pour l’art oriental. Cette double inspiration caractérise sa première exposition individuelle à la Galerie de l’Intérieur à Bruxelles. Il traite ses dessins à larges traits de fusain ou de craie ou avec des crayons gras de diverses intensités. Afin de donner un éclat ivoirien aux chairs de ses modèles, il cire certains de ses papiers. La femme est au centre de sa création. En 1918, Sauer par quelque temps dans le Borinage où la condition ouvrière retient son attention. C’est l’occasion pour lui de créer une autre série de dessins dans laquelle moines et nonnes sont captés dans leurs méditations. Sauer élargit aussi son horizon en réalisant des projets publicitaires et des gravures. Dans ces oeuvres-là, l’artiste se permet quelques grivoiseries et évoque sa famille, ou ses amis Baltus et Spilliaert.
 
1923 est une année phare dans la carrière de Walter : il est de plus en plus présent sur la scène artistique nationale et internationale. Il a alors l’occasion d’approfondir l’aspect décoratif de son art et de diversifier son activité grâce au succès rencontré au Cercle Artistique et Littéraire. Il multiplie les compositions sur fond or et argent. Le 1er mars 1925, Walter Sauer pose sa candidature au poste de professeur du cours décoratif de l’Académie d’Ixelles. Celle-ci sera acceptée. En 1926, il séjourne deux mois en Bretagne. C’est une période fertile en travail qui se prolonge lors du retour de l’artiste à Bruxelles où il termine ses œuvres bretonnes. Durant la même année, Sauer est nommé à titre définitif comme professeur d’art décoratif à l’école des Arts Industriels et Décoratifs d’Ixelles. En 1927, son état de santé ne lui permet plus de poursuivre ses cours à l’École des Arts Décoratifs. La même année, il reçoit une commande importante du banquier le baron Allard qui lui demande de décorer une salle de style byzantin par cinq panneaux décoratifs retraçant des épisodes de la vie du Christ. Pour réunir la documentation nécessaire à son travail, il entreprend un voyage en Algérie. A la suite d’une intoxication alimentaire, Sauer meut à l’hôpital Mustapha d’Alger le 6 septembre 1927 alors qu’il n’est âgé que de 38 ans.
 
Références bibliographiques
Massant, M. & Massant, P., 2001. Walter Sauer 1889 - 1927. Bruxelles : Bern’Art.
Cavillot-Gobeaux, A., 1983. Walter Sauer 1889 - 1927 [Mémoire]. Institut supérieur d’Histoire de l’Art et d’Archéologie de Bruxelles.