- Effet de nuit
Effet de nuit
Crayon Conté sur papier
Monogramme en bas à droite E. C.
Signature au dos au crayon bleu Claus
Circa 1908
184 x 261 mm

Émile Claus

(Vive-Saint-Eloi 1849 - Astene 1924)

Biographie

Peintre de paysages, de scènes de genre et de portraits, aquarelliste et graveur, il est aussi l’auteur de nombreux pastels.
Il entre à l’Académie d’Anvers en 1869, pour y suivre principalement l’enseignement du peintre paysagiste Jacobs. Refusant de concourir pour le Prix de Rome, il quitte l’académie en 1874, nanti du deuxième prix. Il se fixe alors à Anvers jusqu’en 1882 et peint des portraits et des tableaux de genre qui relèvent de la production réaliste et narrative de l’académie, bastion de l’école d’Anvers. Les sujets sont anecdotiques, à tendance sociale ou sentimentale.
Dès 1883, Émile Claus travaille à Astene, près de Deinze, au bord de la Lys, dans un ancien pavillon de chasse qui deviendra sa résidence permanente trois ans plus tard. Cette demeure, qui recevra plus tard le nom de « Zonneschijn », sera le rendez-vous des élèves et des amis peintres, sculpteurs, poètes ou hommes de lettres. C’est une amitié privilégiée et déterminante que Claus noue avec Camille Lemonnier, l’auteur de La Belgique. Celui-ci, doté d’une forte personnalité et rompu aux milieux artistiques parisiens, devait encourager le peintre à se libérer des contraintes académiques, à quitter l’atelier pour le plein air et surtout, à éclairer sa palette. Claus devient alors essentiellement le peintre de la vie rurale, le peintre de la Lys et, peu à peu, celui de la lumière.
De 1883 à 1889 environ, il traverse une période pré-impressionniste, dont le réalisme traduit l’influence de la photographie, dans la lignée du peintre français Bastien-Lepage. Ses voyages à Paris, lors des salons et au cours des hivers 1889 à 1892, lui font découvrir les œuvres des tenants de l’impressionnisme. La peinture de Claude Monet, en particulier, retient son attention. Il saura adopter les leçons de l’impressionnisme, auquel il vient tardivement, en les adaptant à sa manière propre. La grande toile La Récolte des betteraves de 1890 peut être considérée comme une œuvre charnière dans l’ évolution d’Émile Claus. L’année suivante, il peint les Ijsvogels où la figure, toujours présente, s’estompe peu à peu en faveur du paysage et surtout d’une atmosphère sensible.
En 1899, il atteint sa pleine maturité picturale lorsqu’il exécute les Vaches traversant la Lys ou le Passage de vaches, résultat de douze années de travail. Au cours de l’année 1904, il peint La Récolte du lin, une toile vibrante de lumière, et sera l’un des fondateurs du cercle Vie et Lumière, dont les membres partagent un même idéal, un même amour de « peindre la lumière », et organisent des expositions auxquelles sont conviés les peintres étrangers partageant leur vision de la peinture.
Claus visitera l’Espagne, l’Algérie, le Maroc, fera plusieurs voyages en France et en Zélande. Il effectue un bref séjour à Pittsburgh aux États-Unis et se rend par deux fois, en 1902 et 1906, à Venise dont la lumière si particulière le séduit. Il y réalise des vues du Grand Canal, qui préfigurent en quelque sorte celles qu’il exécutera de la Tamise à Londres, lors de son exil en Grande-Bretagne de 1914 à 1919. Réalisées entre janvier 1916 et mars 1919, ces vues recevront le titre collectif et évocateur de Réverbérations sur la Tamise. Claus y dépeint inlassablement le « Victoria Embankment », la Tamise et ses ponts, en perspectives plongeantes, adaptant sa touche nerveuse et sa palette à la luminosité changeante des heures et des saisons qui passent. Entamant simultanément plusieurs toiles, il attend pour chacune d’elles le retour d’un effet fugitif ou d’une lumière particulière et poursuit en cela la méthode adoptée au bord de la Lys.
Référence : Brita Velghe, « Émile Claus », in Éliane De Wilde (préface), Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, t. 1, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, pp. 180-181.