- Chaloupe sur la plage
Chaloupe sur la plage
Huile sur toile
Signature en bas à droite : Artan
1860
25 x 49 cm

Louis ARTAN DE SAINT-MARTIN

(La Haye 1837 - Oostduinkerke 1890)
  - Chaloupe sur la plage
Chaloupe sur la plage
Huile sur toile
Signature en bas à droite : Artan
1860
25 x 49 cm

Œuvres

Louis ARTAN DE SAINT-MARTIN - Temps calme marine

Biographie

Louis Artan de Saint-Martin est un peintre de marines et de paysages belge né le 20 avril 1837 à La Haye. Il descend d'une famille française originaire de Troyes. Il suit une première formation à l’école de peinture de Spa chez les paysagistes Edouard Delvaux et Henri Marcette. Mais Louis Artan est essentiellement autodidacte. Entre 1858 et 1863, il se rend à Paris et rencontre les peintres de Barbizon.  Il fait la connaissance des peintres français Camille Corot et Gustave Courbet. En 1863, il habite à Etterbeek (Bruxelles) et fréquente l’Atelier libre de Saint-Luc en compagnie de Louis Dubois et de Félicien Rops. En 1867, Artan se passionne pour la mer et se consacre désormais à la peinture de marines. Il fait de longs séjours en Bretagne, parcourt les bords de la Manche, de la mer du Nord et le littoral belge. En tant que « plein-airiste », il rompt avec le caractère anecdotique et pittoresque de la composition de marines et inaugure également l’impressionnisme dans nos régions.
Les années 1860 et 1870 sont marquées par une reconfiguration esthétique de la peinture de paysage. Stimulés par le réalisme de Courbet, le pleinairisme de Barbizon et les expérimentations de Constable et de Turner, des artistes tels que Boulenger, Artan et Dubois s’adonnent à une peinture libérée de toutes conventions académiques. Réalisée en pleine nature, la toile se fait la trace d’un moment d’immersion dans l’environnement. Par un travail au couteau ou à la brosse qui annonce l’impressionnisme, le peintre cherche à saisir l’atmosphère telle qu’observée et ressentie dans l’instant. Les artistes se retrouvent alors aux quatre coins de la Belgique pour vivre et expérimenter ensemble ; parmi eux : Coosemans, Artan, Asselbergs, Huberti, Rops, Cogen, Van der Hecht, Van Camp, Crépin, Tscharner, Goethals et Baron. En 1868, ces artistes créent la Société libre des Beaux- Arts de Bruxelles, une association qui œuvre à la reconnaissance du réalisme, notamment en accroissant sa visibilité au sein des expositions officielles. Ces artistes y exposent un nombre considérable de représentations de la vallée mosane et des plaines de la Campine, soit des sites qui sont investis d’une connotation nationale forte. Dans les années 1860, la pratique moderne d’une peinture de paysage met en avant  la liberté d’exécution et l’expression d’un tempérament individuel.
Vers 1873-74, il séjourne souvent à Anvers où il rejoint le courant anti-académique avec Jan Stobbaerts, Henri de Braekeler, Isidore Meyers, Florent Crabeels et Adrien-Joseph Heymans. Le littoral de la mer du Nord, encore sauvage dans les années 1880, constitue également un site prisé par Artan, Rops, Hermans et Verwée. Avec Paul-Jean Clays, Louis Artan est l’un des premiers marinistes belges à envisager la mer non comme arrière-plan, mais comme un sujet à part entière. Depuis son atelier sur pilotis installé sur la plage de La Panne, le peintre en saisit les variations climatiques avec une fougue gestuelle frôlant parfois l’expressionnisme. Artan fait de la restitution picturale des nuances atmosphériques du ciel marin l’objet même de sa peinture. Il en arrive ainsi à privilégier des représentations frontales. Lors de cette dernière période, Artan aboutit à une technique très audacieuse qui fait l’admiration du groupe avant-gardiste des XX. Il se préoccupe essentiellement des effets lumineux et des impressions que lui procure le climat maritime. Sa facture préfigure l’impressionnisme belge, voire l’expressionnisme. Louis Artan est l’un des peintres de marines et de paysages les plus importants du 19e siècle. Le 23 mai 1890, il s’éteint à l’âge de 53 ans à Oostduinkerke. Son monument funéraire conçu par l’architecte Victor Horta et décoré par le sculpteur Charles Van der Stappen s’élève encore aujourd’hui à Oostduinkerke.
 
Références bibliographiques
Gilson, Y., 1991. La Mer du Nord du Zout à La Panne. Tome II : Art pictural, Richesses d’une région aux multiples facettes. Bruxelles : Éditions
Bernard Gilson.
Laoureux, D. & Leblanc, C., 2015. Paysages de Belgique, Un voyage artistique | 1830 — 2015. Bruxelles : Éditions Racines.
Craenhals, N. & Dupont, P.-P., 2000. Le Chant du Pays ou La mouvance de la lumière dans la peinture belge de 1830 à 1930. Belgique :
Éditions Pandora.