- Plan de la façade de la Chambre de Conseil de l’Université de Cardiff, ornée de l’œuvre « La Guerre et la Paix »
Plan de la façade de la Chambre de Conseil de l’Université de Cardiff, ornée de l’œuvre « La Guerre et la Paix »
Crayon sur papier
Non signé
Circa 1915
652 x 490 mm

Emile Fabry

(Verviers 1865 - Bruxelles 1966)

Œuvres

Emile Fabry - La Guerre et la Paix

Biographie

Peintre de figures et de compositions symboliques. Fabry est l'illustration type de l'artiste symboliste en Belgique qui ensuite glisse vers un certain idéalisme.
Elève de Portaels à l'Académie de Bruxelles.
Au départ, Fabry admire Michel-Ange, Puvis de Chavannes et autres italiens.
En 1892, il fut un des fondateurs du cercle "Pour l'Art" avec Jean Delville.
Rose-Croix convaincu, il exposera aux différents Salons de ceux-ci à Paris, avec la bénédiction de Péladan et aux Salons d'Art Idéaliste fondés par Delville.
Il sera l'ami intime de Horta et Hankar. L’artiste va décorer la maison de Ph. Wolfers à La Hulpe, la villa Carpentier à Renaix qui est une oeuvre de Horta. Il exécute pour l’escalier des « peintures tapisseries » par grands aplats, où la figure humaine se fond dans un proliférant décor végétal. Emile sera en compétition avec Théo Van Rysselberghe pour la décoration de l'Hôtel Solvay.
Fabry sera professeur dès 1900 à l'Académie de Bruxelles jusqu'en 1939. Il aura énormément d'élèves. Il est le père de Suzanne Fabry et le beau-père d'Edmond Delescluze. Il représente régulièrement des figures angoissées et torturées, des visions inquiétantes et hallucinées. Il transpose dans ses allégories des figures rigides et sculpturales.
En 1914, il part en Angleterre. Il y restera 5 ans et il découvrira les préraphaélites.
En 1919, il revient en Belgique et reprend toute une série de grandes décorations, il s'adonne à l'art monumental. L’artiste a notamment décoré, l'escalier d'honneur de la Monnaie, l'Hôtel de Ville de Saint-Gilles, le Musée de l'Afrique Centrale à Tervuren, l'Hôtel de Ville de Saint-Josse, la salle des mariages de l'Hôtel Communal de Laeken.
Il rejoint le groupe de "l'Art Monumental" dont une des grandes réalisations sera une série de mosaïques pour l'hémicycle de l'arcade du Cinquantenaire.
Son style a beaucoup évolué. Fabry a mis au point une facture assez personnelle, opposant des figures raides, au modelé très ferme, sortes de statues peintes, à un espace irradié de lumière dont le rayonnement est traduit en technique pointilliste, aux touches espacées, couleurs d’aurore et de fruits, parfois disposées en cercles concentriques qui évoquent à la fois l’orphisme d’un Delaunay et les théories de Delville sur l’aura que dégagent les héros.
Fabry est un véritable carrefour d’idées et de tendances. Dans sa jeunesse, il innove peu, mais il comprend vite et s’adapte promptement. Alors que les œuvres de la période des cauchemars s’accomplissaient en deux jours, comme en dehors de sa volonté, dictées du dedans, maintenant, les proportions sont calculées, la composition réfléchie en fonction de principes mathématiques d’harmonie. Ses recherches techniques reflètent elles aussi l’époque. Comme Delville, Fabry délaisse souvent l’huile au profit de la peinture à l’œuf et de la tempera ; il en tire des effets de vibration locale qui soulignent le symbolisme des intentions.