- La Mouche
La Mouche
Graphite sur papier
Monogramme en haut à droite FK [entrelacés]
75 x 75 mm

Fernand Khnopff

(Termonde 1858 - Bruxelles 1921)
  - La Mouche
La Mouche
Graphite sur papier
Monogramme en haut à droite FK [entrelacés]
75 x 75 mm

Œuvres

Fernand Khnopff - Portrait de Maurice Hovelacque

Biographie

Fernand Khnopff est un peintre, dessinateur, graveur (eau-forte), illustrateur et sculpteur, maître incontestable du symbolisme en Belgique et est considéré comme l’un des précurseurs du surréalisme. Il a une prédilection pour les tableaux décoratifs et allégoriques, les paysages des panoramas de Bruges, les portraits, les intérieurs et les nus.
Issu de la très haute bourgeoisie, Fernand Khnopff passe une partie de son enfance à Bruges, où son père est nommé procureur du roi. Cette ville, à l’atmosphère si particulière, dont Rodenbach a si justement transmis l’essence, constitue pour Khnopff « une réelle ville morte ». Fortement impressionné par ce bref séjour à Bruges, il avoue en conserver précieusement des souvenirs lointains, mais précis. Il exécute, dès 1902, de très nombreux dessins de la Venise du Nord, sans jamais y retourner, uniquement « de mémoire », effrayé à l’idée d’être déçu par la réalité d’une ville dont il avait nourri le souvenir.
En 1864, la famille Khnopff s’installe dans la capitale belge et Fernand y étudie d’abord le droit, avant d’entrer à l’Académie de Bruxelles sous la direction de Xavier Mellery (1876-1879). Entre 1877 à 1880, il séjourne à plusieurs reprises à Paris, où il suit les cours de Gustave Moreau, dont les œuvres l’enthousiasment, au même titre que celles d’Ingres, de Delacroix ou de son compatriote Alfred Stevens.
Le parcours artistique de Fernand Khnopff débute en 1880, lorsqu’il devient membre du groupe L’Essor et expose à son Salon. Bien que ses premières œuvres témoignent d’un réalisme délicat, il est marqué par l’influence des Préraphaélites anglais et apparaît complètement envoûté par le symbolisme. En 1883, il est membre fondateur du groupe Les XX, et devient ensuite membre du groupe La Libre Esthétique.
En 1885, Khnopff fait la rencontre de Joséphin Péladan, futur grand maître de la Rose+Croix à Paris, qui souhaite le voir illustrer le frontispice de son ouvrage Le Vice Suprême. Suite à un scandale avec l’actrice Rose Caron, qui croit reconnaître ses traits dans ceux de Leonora d’Este et s’en offense, Khnopff détruit son dessin. Péladan fustige la comédienne dans la presse et honore l’artiste, à qui il s’empresse de commander d’autres frontispices, notamment pour Femmes honnêtes ou Le Panthée. Proche de Péladan, Khnopff occupe les places de choix aux Salons de la Rose+Croix de 1892 à 1894 et de 1897.
En 1889, Khnopff entame le premier séjour d’une longue liste en Angleterre ; il devient l’ami d’Hunt, Watts, Rossetti, Ford Maddox Brown et Burne-Jones. En 1895, il est nommé correspondant pour la revue The Studio et rédige, jusqu’en 1914, la rubrique Studio-Talks-Brussels, où il se fera le porte-parole de nombreux artistes belges et fera la critique des salons. 
Dès 1900, Khnopff dédie toute son énergie à la construction de sa maison – aujourd’hui détruite –, qu’il consacre en véritable temple du Moi. Il en dessine lui-même les plans, contresignés par l’architecte bruxellois E. Pelseneer, et en étudie minutieusement les décorations et les couleurs.
De 1903 à 1913, il réalise aussi des costumes pour le Théâtre royal de la Monnaie. En 1904, la commune de Saint-Gilles le charge de la décoration du plafond de la salle des mariages de l’hôtel de ville. La même année, Adolphe Stoclet lui commande, pour le palais qu’il se fait construire sur l’avenue de Tervuren par l’architecte Josef Hoffmann, plusieurs projets, dont seuls seront réalisés ceux concernant la salle de musique. Gustave Klimt sera lui choisi pour décorer la salle à manger. Cette réalisation témoigne de la proximité avec les sécessionnistes viennois, aux côtés desquels Khnopff expose vingt et une œuvres lors de la première Sécession en 1898, où il est reçu avec tous les honneurs. 
Dès 1907, Khnopff est élu membre correspondant de la classe des Beaux-Arts de l’Académie royale de Belgique.
Devenu célèbre à la fin de sa vie, il est sollicité de toutes parts et réalise alors des programmes pour manifestations charitables ou patriotiques et même un projet de billet de banque, qui n’a jamais vu le jour. C’est dans ce contexte qu’il va jusqu’à dessiner des motifs de dentelles, pour soutenir l’action entreprise censée donner un nouvel élan à la dentelle belge.
Fernand Khnopff en novembre 1921, quelques mois après son maître Xavier Mellery, aux côtés duquel il est inhumé au Cimetière de Laeken.
Artiste majeur de la génération symboliste, Khnopff est reconnu internationalement. Il pratique la peinture – travaillant surtout le pastel et les techniques mixtes – mais également la sculpture, la gravure et la photographie, qu’il rehausse de pastel et de crayon de couleur, créant ainsi une nouvelle œuvre qu’il signe, tel un original. Sculpteur, il a réalisé de nombreux masques de femmes et des bustes, y incrustant parfois du bronze, de l’émail et de l’ivoire.
A travers toute son œuvre, Khnopff se révèle le peintre de la femme. Cette femme qui se fait tantôt sphinge – symbole de perversité – tantôt ange –  figure féminine hiératique, symbole de la beauté, de la solitude, de la muse et pour laquelle sa sœur a souvent servi de modèle – est là pour séduire et enjôler le spectateur. L’œuvre est à l’image de l’artiste, volontairement synthétique, hermétique et tout d’intellectualité ; étroitement liée à la littérature symboliste, elle a pu sembler aristocratique et quelque peu maniérée. Seul avec lui-même, seul avec sa matière, Khnopff se complaît dans le domaine le plus large de l’imaginaire. L’image n’étant que le moyen pour atteindre le but philosophique qu’il s’est imposé : la recherche de l’idéal de Beauté.
Références :
Gisèle Ollinger-Zinque, « Fernand Khnopff », in Éliane De Wilde (préface), Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, t. 1, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, pp. 580-581.