- Femme assise
Femme assise
Fusain, crayons de couleur et pastel sur papier
Monogramme en bas à droite: AR
1900
300 x 230 mm

Armand Rassenfosse

(Liège 1862 - Liège 1934)
  - Femme assise
Femme assise
Fusain, crayons de couleur et pastel sur papier
Monogramme en bas à droite: AR
1900
300 x 230 mm

Œuvres

Armand Rassenfosse - Nu
Armand Rassenfosse - L’Irrémédiable
Armand Rassenfosse - Joséphine

Biographie

Dessinateur, graveur, affichiste, illustrateur, peintre et créateur de bijoux, Armand Rassenfosse est né à Liège le 6 août 1862. Autodidacte aux profondes attaches wallonnes et francophiles, d’un modernisme classique, il s’inscrit dans un courant artistique et intellectuel directement issu du Symbolisme et de l’Art Nouveau.
Issu d’un milieu bourgeois aisé, Rassenfosse est initialement contraint de reprendre le commerce de porcelaine et d’objets décoratifs de sa famille. Cultivant parallèlement un goût pour l’art, il pratique le dessin et suit l’enseignement d’Adrien De Witte, professeur à l’Académie de Liège. Celui-ci lui conseille de s’essayer à différentes techniques, notamment la pyrogravure. En 1888, Rassenfosse séjourne à Paris et fait la rencontre de Félicien Rops, alors au sommet de sa gloire. C’est le début d’une longue amitié entre les deux hommes ayant en commun un même idéal artistique et une même conception de la marche à suivre pour y tendre : la recherche d’une parfaite maîtrise technique. Ensemble, ils développent la technique du vernis mou, rebaptisé « Ropsenfosse », qui permettait de retranscrire la légèreté du dessin en gravure. Il s’agit d’une contribution véritablement innovante pour l’art de la gravure.
A 28 ans, Rassenfosse ne veut plus se plier à la volonté de son père et décide d’abandonner le commerce familial pour se consacrer uniquement à sa carrière artistique. II réalise cependant à quel point ce chemin est difficile. Rapidement, le liégeois collabore avec de nombreuses revues littéraires françaises d’envergure comme Le Courrier français, La Plume ou encore Le Mercure de France. Il réalise également des affiches publicitaires pour l’éditeur liégeois Auguste Bénard, à l’origine de l’amélioration des techniques de chromolithographie et du renouveau de l’affiche en couleurs. Sa commande la plus remarquable fut l’illustration des Fleurs du mal de Charles Baudelaire en 1899 pour la Société des Cent Bibliophiles de Paris. De 1899 à 1901, il réalise plus de deux cents gravures en couleurs pour ce projet.
Dès le début du siècle, Armand Rassenfosse aborde la peinture sur carton comme principal support. Enduisant la matière picturale de cire d’abeille censée la protéger des altérations du temps, il donne à ses œuvres un aspect à la fois satiné et duveteux, ce qui a pour effet d’accentuer la sensualité qui se dégage de ses sujets où la femme prédomine. A côté de ces atmosphères cotonneuses et intimistes, il s’attache aussi à rendre avec réalisme la dureté des travaux quotidiens et le labeur de la femme ouvrière. On pouvait lire à son sujet dans la presse de l’époque : « La femme dans ses positions les plus diverses et intimes est son sujet le plus important. Il modèle des volumes et des reliefs dans un jeu subtil de lumière et d’ombre idéalisant ainsi la beauté sensuelle du corps. Le naturalisme, l’art nouveau et ensuite l’art déco sont clairement présents dans son œuvre. »
La période de guerre ne semble pas influencer l’œuvre de Rassenfosse. Il est loin du front mais vit difficilement l’occupation que l’Allemagne inflige à la Belgique. A cette époque, il réalise plusieurs gravures dans un esprit quelque peu symboliste et de petits croquis illustrant la vie quotidienne. C’est d’ailleurs une habitude chez lui de croquer son entourage dans leurs occupations journalières.
En 1922, suite à la mort de son ami d’enfance Auguste Donnay, Rassenfosse publie Souvenirs à propos d’Auguste Donnay dans la revue La vie Wallonne (Liège). Il est également nommé membre du jury du Concours de Peinture destiné à remplacer le Prix de Rome. Il y siège aux côtés d’Anto Carte et de Gustave Van de Woestyne. En 1928, Armand Rassenfosse participe à l’exposition L’Art belge depuis l’Impressionnisme, au musée du Jeu-de-paume de Paris. Quelques années plus tard, étant donné son expérience en matière de conservation, la Commission des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique désigne l’artiste comme délégué auprès du conservateur chef. En 1934, Rassenfosse est nommé directeur de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale de Belgique, à partir du 1er janvier. Il décède le 28 janvier de la même année, il est alors âgé de 72 ans.
 
Références bibliographiques
De Geest, J., 2005. Armand Rassenfosse. Bruxelles : Éditions Racine.
de Rassenfosse-Gilissen, N., 1995. Armand Rassenfosse, in Éliane De Wilde (préface), Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu’aux artistes contemporains, t. 2, Bruxelles, La Renaissance du Livre, p. 841.
Piron, P., 2003. Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles. Ohain : Art In Belgium.