- L’Irrémédiable
L’Irrémédiable
Lavis, graphite, crayon de couleur et encre de Chine sur papier vélin anglais
Monogramme vers le bas à droite AR ; numéro et titre en bas à droite 186. L’irrémédiable
Circa 1898
140 x 187 mm

Armand Rassenfosse

(Liège 1862 - Liège 1934)

Œuvres

Armand Rassenfosse - Nu

Biographie

Dessinateur, graveur, affichiste, illustrateur, peintre, et créateur de bijoux Armand Rassenfosse est un autodidacte. Peintres aux profondes attaches wallonnes et francophiles, d’un modernisme classique, il s’inscrit dans un courant artistique et intellectuel directement issu du Symbolisme et de l’Art Nouveau.
Issu d’un milieu bourgeois aisé, Armand Rassenfosse est initialement contraint de reprendre le commerce prospère de porcelaine et d’objets décoratifs qui appartenait à sa famille. Cultivant parallèlement un goût pour l’art, il pratique le dessin et prend les enseignements d’Adrien De Witte, professeur à l'Académie de Liège, qui lui conseille de s’essayer à différentes techniques, dont la pyrogravure.
En 1888, Rassenfosse séjourne à Paris où il fait une rencontre déterminante dans son parcours et son orientation artistiques, celle de Félicien Rops. D’abord disciple puis ami fidèle du maître, ils mettent au point ensemble un vernis mou qui permettait de retranscrire la légèreté du dessin en gravure et le baptisent le Ropsenfosse
Rapidement, le Liégeois collabore à de nombreuses revues littéraires françaises d’envergure, comme Le Courrier français, La Plume ou encore Le Mercure de France. Il réalise également des affiches publicitaires pour l’éditeur liégeois Auguste Bénard, à l’origine de l’amélioration des techniques de chromolithographie et du renouveau de l’affiche en couleurs. En 1899, il est chargé d’illustrer Les Fleurs du Mal de Baudelaire pour la Société des Cent Bibliophiles de Paris et réalise pour ce projet plus de deux cents gravures en couleurs.
Dès le début du siècle, Armand Rassenfosse aborde la peinture, avec pour principal support le carton. Enduisant la matière picturale de cire d’abeille, censée la protéger des altérations du temps, il donne à ses œuvres un aspect à la fois satiné et duveteux, ce qui a pour effet d’accentuer la sensualité qui se dégage de ses sujets où la femme prédomine, comme dans Femme se lavant, Toilette ou Fillette se coiffant.
A côté de ces atmosphères cotonneuses et intimistes, il s’attache aussi à rendre avec réalisme la dureté des travaux quotidiens et le labeur de la femme ouvrière. On pouvait lire à son sujet dans la presse de l’époque :
 « La femme dans ses positions les plus diverses et intimes est son sujet le plus important. Il modèle des volumes et des reliefs dans un jeu subtil de lumière et d’ombre idéalisant ainsi la beauté sensuelle du corps. Le naturalisme, l’art nouveau et ensuite l’art déco sont clairement présents dans son œuvre ».
Références :
- Nadine de Rassenfosse-Gilissen, « Armand Rassenfosse », in Éliane De Wilde (préface), Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, t. 2, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, p. 841.
- Paul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècle, t. 2, Ohain, Art in Belgium, p. 337.