- Après le bain
Après le bain
Aquarelle sur papier
Signature en bas à gauche: 'F. Schirren'
Circa 1915
596 x 487 mm

Ferdinand Schirren

(Anvers 1872 - Bruxelles 1944)

Œuvres

Ferdinand Schirren - Nu
Ferdinand Schirren - Cruche

Biographie

Peintre et sculpteur, Ferdinand Schirren naît le 8 novembre 1872 à Anvers, de parents originaires de Riga (Lettonie). Peu après, la famille déménage à Bruxelles, où le jeune Schirren trouve matières à alimenter sa curiosité artistique. Vers 1884-1885, il suit les cours du soir de l’École de dessin d’Anderlecht. Il s’inscrit ensuite à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, au sein de laquelle il restera pendant sept années. Là, il s’initie à la sculpture auprès de Jef lambeaux et s’oriente vers une synthèse du volume réaliste qui, dans le portrait de la théosophe Madame Blavatsky (1898), se ressent d’une découpe précubiste. Il devient membre du cercle Labeur, où il exposera chaque année jusqu’au démantèlement du groupe en 1907. Il crée des pièces Art Nouveau dont quelques sculptures et plusieurs dessins, ainsi que des bijoux pour la maison Wolfers, en 1899. Vers 1904, il crée une sculpture pour la façade de l’Hôtel de ville de Saint-Gilles symbolisant « Le Gaz ». La même année, il entame une relation avec son modèle, Nel ; lorsque sa compagne, Maria Smeets l’apprend, elle demande à Schirren de choisir. Il finit par épouser Maria, tandis que Nel se marie avec Rik Wouters, lequel vouera à sa femme un véritable culte.
Une crise morale est à l’origine de l’orientation de Ferdinand Schirren vers la peinture. L’aquarelle l’occupe particulièrement jusqu’à la Première Guerre mondiale. Il fut sans doute en Belgique le premier à saisir les possibilités inédites que procurait la simplification expressive de la forme et de la couleur, puisque ses premières aquarelles fauves datent de 1906. En 1907, la fragmentation des touches apporte un aspect divisionniste à ses petites toiles, dont les couleurs reflètent pleinement les tendances fauves. L’immédiate maturité de son fauvisme guida les Brabançons, et notamment son élève Rik Wouters. En 1912, trois expositions personnelles, dont la première a lieu à Anvers, au Cercle Royal Artistique, Littéraire et Scientifique, le situent parmi les jeunes maîtres belges. Cette année marque également un tournant dans sa pratique artistique, puisque le support papier prend le dessus sur la toile ou le panneau.
Au cours de la guerre 1914-1918, Ferdinand Schirren réalise des toiles fauves qui, par un coup de brosse velouté, évitent la fragmentation des tons et assurent à la couleur tout son pouvoir expressif par d’audacieux contrastes. En 1917, une exposition de grande envergure, où près de cent cinquante œuvres sont présentées, est organisée à la Galerie Georges Giroux.
Comme la plupart de ses compagnons brabançons, il s’éprend vers 1918 de formes plus construites et il atténue la hauteur des tons, cerne davantage la forme pour la porter vers un expressionnisme personnel, moins sauvage que chez les peintres de Laethem-Saint-Martin.
Vers la fin des années 1910, Ferdinand Schirren quitte son épouse pour son modèle préféré, Yvonne Esser, avec qui il aura deux enfants, Fernand en 1920 et Anne-Marie en 1921. Il s’installe dans le sud de la France et redécouvre le pouvoir de la lumière, ce qui se ressent dans son travail par l’utilisation de couleurs chaudes et chaleureuses. En 1921, il retourne à Bruxelles, où les expositions se suivent avec succès.
A la fin des années 1920, Ferdinand Schirren déménage avec sa famille à Paris et plus précisément à Nogent-sur-Marne. Coloriste et lyrique par nature, il revient alors à un fauvisme plus discipliné, d’une intense poésie, privilégiant la nature morte à la fin de sa vie. Schirren remplit à présent sa feuille de couleur et n’exploite plus la blancheur du papier laissée en réserve par endroits. A partir de 1927, l’artiste met au point une nouvelle technique à l’aquarelle. En trempant le papier de longs moments dans l’eau, il lui donne un pouvoir absorbant, ce qui va propager les pigments de couleur sur la feuille et procurer un effet doux et ouaté à sa composition.
Référence : Serge Goyens de Heusch, «  Ferdinand Schirren », in Éliane De Wilde (préface), Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, t. 2, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, p. 883.