- Le Golfe bleu (Agay – Le Trayas)
Le Golfe bleu (Agay – Le Trayas)
Huile sur toile
Signature en bas à droite : Louis G. Cambier
Titre en haut à gauche au dos : Golfe bleu (Agay)
Titre, situation et signature à droite au dos : Le Golfe bleu - (Le Trayas) - Alpes maritimes - France - Louis G. Cambier
Deux cachets de l’atelier sur le châssis : Louis G. Cambier 28, Rue De Vergnies IXELLES (Bru) - LVDOVICIVS G. CAMBIER PINXIT
Circa 1916
70 x 80 cm

Louis-Gustave Cambier

(Bruxelles 1874 - 1949)
  - Le Golfe bleu (Agay – Le Trayas)
Le Golfe bleu (Agay – Le Trayas)
Huile sur toile
Signature en bas à droite : Louis G. Cambier
Titre en haut à gauche au dos : Golfe bleu (Agay)
Titre, situation et signature à droite au dos : Le Golfe bleu - (Le Trayas) - Alpes maritimes - France - Louis G. Cambier
Deux cachets de l’atelier sur le châssis : Louis G. Cambier 28, Rue De Vergnies IXELLES (Bru) - LVDOVICIVS G. CAMBIER PINXIT
Circa 1916
70 x 80 cm

Biographie

Peintre de portraits, de paysages, de natures mortes et de scènes de genre, également sculpteur et graveur, Louis-Gustave Cambier est né le 13 juin 1874 à Schaerbeek. Il suit les cours des artistes Jean-François Portaels, Joseph Jaquet et Louis-Eugène Simonis à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Ses premières compositions présentent des gestes stériles, et particulièrement celles qui viennent du milieu scolaire et académique. Ensuite, vient la vie, avec ses chocs, ses révélations et cette expression élémentaire de l’esprit et des sens prend peu à peu la forme de langage. La figure humaine n’attire pas Cambier à ses débuts, elle ne s’impose pas à lui parce qu’il ne voit encore que ses traits extérieurs. Ce sont les paysages qui l’intéressent : le seul endroit qu’il sache lire et comprendre, celui où l’âme peut se déployer, qu’il ne faut pas définir, qui n’exige que l’abandon, l’amour et la prière. Il recherche la nature solitaire et la préfère sévère et désolée.
En 1898, Cambier devient membre-fondateur des cercles L’Essor et Le Labeur. C’est aux expositions du cercle Le Labeur qu’il montre l’une de ses toiles les plus caractéristiques de cette époque : Les Millénaires. Ce sont les âpres rochers mosans surplombant l’eau de la rivière, lisse et bleutée ; masse énormes, métalliques, sortes de géants recourbés, accroupis, et comme écrasés sous la fatalité du temps. Sans le savoir, Cambier peint déjà des portraits. Il cherche à rendre l’aspect d’une physionomie, il cherche une sorte de ressemblance, une signification morale plutôt que physique, une harmonie supérieure à celle du paysage ordinaire : l’harmonie du caractère et de la personnalité. La lecture d’un livre de Pierre Loti est une révélation pour le peintre ; il lui fait découvrir l’Orient. Cambier voyage en Palestine, en Asie Mineure et à Constantinople, en passant par l’Italie et la Grèce. Pendant dix ans, il se consacre à fixer sur la toile les aspects de ces régions troublantes. En plus des paysages, il réalise de nombreuses scènes religieuses à la manière des retables ou des intérieurs d’église. C’est ensuite à Paris, à l’Académie Ranson, sous la conduite des maîtres tels que Maurice Denis, Roussel, Paul Signac, que le peintre prend contact avec les grands courants de la peinture contemporaine issus de l’impressionnisme. A son retour en Belgique, son style devient plus réaliste. En 1906, il devient membre de la Société des Artistes français et obtient une mention honorable au Salon.
Pendant la Première Guerre mondiale, Cambier séjourne à Cagnes sur la côte d’Azur avec son épouse Juliette Cambier. Côte à côte, les époux artistes observent et étudient la nature de la Méditerranée, dont ils transmettent la fascinante beauté par des touches lumineuses et synthétiques, balancées entre des tonalités contrastées mais équilibrées et complémentaires. Ce séjour marque une nouvelle période de son évolution, une période décisive car il y fait la rencontre d’Auguste Renoir. La révélation de Cézanne, Signac, Renoir s’impose à lui devant cette nature du Midi qu’il n’a jamais connue que par leur tableaux. Il se rapproche peu à peu de l’impressionnisme, de ses touches de couleurs rapides, des effets de la lumière sur le paysage et du caractère instantané de la peinture. Louis-Gustave Cambier prend conscience de son talent, il produit une œuvre personnelle solide et fleurissante. Il expose le résultat de ce travail à Nice au Cercle Artistique en 1917. Tout au long de sa vie, il participe à de nombreuses expositions à Bruxelles, Anvers, Gand, Namur, Nice, Vienne, etc. Vers cette époque, l’École des Beaux-Arts de Nice invite L.G. Cambier à prendre la direction de la classe de sculpture. Il compte parmi ses élèves le jeune Henri Matisse, qui atteste de l’extraordinaire talent de l’artiste belge dans ses leçons. Ces années d’enseignement donnent à l’artiste une direction imprévue. Après la guerre, les Cambier reviennent en Belgique et l’art de Louis-Gustave Cambier connait un nouveau revirement. Jusqu’ici, il ne peignait que le paysage ou la figure décorative. Forcé de regarder de plus près, il s’émerveille de l’extraordinaire complexité intérieure et de l’aspect architectural de la figure humaine. Il se dirige alors vers le portrait. Cambier envisage l’art du portrait à la manière des maitres gothiques : il cherche à extérioriser l’aspect réel et psychologique du modèle en toute simplicité. En même temps, toujours à la manière de ses ancêtres primitifs, il tient à affirmer sa propre nature.
Louis-Gustave Cambier demeure ainsi dans la vraie tradition de la peinture flamande. La logique de son développement est rigoureuse. Parti du paysage caractéristique avec ses Rochers, il aboutit au paysage panoramique et synthétique, en Orient, pour faire ensuite un stage dans le paysage analytique, à Cagnes. Tout cela le prépare à peindre la figure, le portrait. La force du dessin, l’orchestration nourrie du coloris, l’observation intérieure et l’allure universelle caractérisent la vie et l’œuvre de l’ artiste belge. Louis-Gustave Cambier s’éteint le 23 mai 1949 à Ixelles, il est alors âgé de 74 ans.
 
Références bibliographiques
Hellens, F., 1929. L.-G. Cambier. Bruxelles : L.J. Kryn.
Piron, P., 2003. Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècle. Ohain : Art in Belgium.