- Contraste rouge-bleu n°4
Contraste rouge-bleu n°4
Acrylique sur toile
Titre au dos : Contraste rouge-bleu n°4
Signature et date au dos : René Huin - 1989
1989
400 x 400 mm

René Huin

(Bléharies 1933 - 2019)
  - Contraste rouge-bleu n°4
Contraste rouge-bleu n°4
Acrylique sur toile
Titre au dos : Contraste rouge-bleu n°4
Signature et date au dos : René Huin - 1989
1989
400 x 400 mm

Biographie

René Huin est né le 21 octobre 1933 à Bléharies, commune rurale de Brunehaut en Belgique. Ses parents s’installent deux ans plus tard à Laplaigne, village natal de Roger Dudant avec qui il se lie d’amitié. Ce dernier l’encourage à s’inscrire à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai en 1947, alors que René Huin se destine au métier de peintre en bâtiments. Les professeurs et artistes Victor Noël et Émile Salkin lui révèlent un univers nouveau. Victor Noël le familiarise à diverses techniques telles que la peinture murale, l’affiche, le lettrage, la perspective. Émile Salkin aborde les arts primitifs, classiques, modernes et les tendances contemporaines. Huin découvre aussi la technique de la gravure avec Jean Winance et s’initie au carton de tapisserie avec Claudine Leroy. En autodidacte, il explore la prise de vue et le développement photographique dans les années 1947-48. Les premiers sujets d’inspiration de René Huin sont le monde paysan et le cirque. En 1952, à l’issue de ses études, il se voit décerner le prix Octave Castaigne. De 1952 à 1955, il poursuit sa formation à Bruxelles à l’École supérieure des Arts visuels de La Cambre dans l’atelier « Peinture monumentale » de Paul Delvaux. Il aborde aussi la technique du vitrail. En ce temps-là, il réalise des recherches personnelles en peinture murale selon la technique véritable de la fresque. Il exécute des peintures murales dans une école primaire de Watermael-Boitsfort. Elles représentent des jeunes musiciens et une machine agricole. En 1954, Huin participe à la réalisation d’une fresque d’Émile Salkin sur le thème de Sainte Thérèse de Lisieux à Estaimbourg.
Après ses études, René Huin est engagé par la société anonyme Gramophone, avant de devenir monteur étalagiste et décorateur des implantations 3 Suisses de 1956 à 1962. Cette activité lui permet de travailler sur des projets et des concepts d’esthétique industrielle. En collaboration avec d’autres dessinateurs, il conçoit l’installation et la décoration de magasins : implantation, couleurs et matière, harmonie des formes, etc. Parallèlement à cela, il réalise à cette époque des paysages, des scènes de la vie rurale à l’huile et à la détrempe. En 1956, René Huin se marie avec Élisabeth Verstraeten rencontrée à l’Académie de Tournai. Ils ont deux filles ensemble : Claire et Isabelle. En 1959, le couple fait bâtir une maison selon leur propre projet près de Tournai. Trois ans plus tard, en décembre 1962, Huin est désigné professeur de dessin, couleurs et graphisme de l’image à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Il donne également cours aux Écoles techniques provinciales de Tournaisis et au Centre régional de Perfectionnement professionnel de Tournai. Il entretient de profonds liens d’amitié avec Victor Noël, Louis Deltour et Christian Claus, enseignants dans les mêmes établissements. À ce moment-là, ses recherches prennent une tournure nouvelle : il découvre l’abstraction et la géométrie qu’il traite en aplats colorés, les compositions linéaires et les reliefs cordés. En 1975, à l’instigation de Jean Dubois et de Francis Dusépulchre, Huin devient membre de Art concret en Hainaut qui compte de nombreux artistes tels que André Goffin, Victor Noël, Michel Renard et Marcel-Henri Verdren.
René Huin poursuit la conception de cartons de tapisseries, dorénavant de facture abstraite. À partir de 1980, il réalise régulièrement des natures mortes parallèlement aux œuvres abstraites tout en variant les processus techniques : reliefs cordés, peinture à huile sur toile pour les figurations, peinture acrylique pour les tableaux géométrisés, aquarelle. Dans son travail, Huin fait cohabiter l’abstraction géométrique et la figuration hyperréaliste. Cette dernière est le résultat d’un rigoureux équilibre fait de lignes et de formes pures, un équilibre construit sur la complémentarité entre les courbes des fruits ou de la vaisselle et les angles formés pas les plis des tissus. Dans ses natures mortes hyperréalistes, malgré les apparences, rien n’est réaliste selon l’acceptation coutumière du mot. Tout est conditionné par l’aspect formel des fruits, des meubles, du linge de maison, des ustensiles, des instruments. Tout est minutieusement réparti sur la surface afin d’y construire un équilibre et de jouer avec la lumière. Ces deux objectifs sont identiques à ceux des compositions géométriques, leur logique est similaire. Dans les œuvres géométriques de René Huin, rien n’est laissé au hasard : le graphisme crée une impression visuelle obsédante jusqu’à devenir mouvement, papillotement et vibration. L’œil est entrainé dans un labyrinthe. Les reliefs indiquent le va-et-vient vital du vide au plein, du concave au convexe, du schématique au complexe. Les dessins et les tableaux de l’artiste belge  transmettent à la rétine des évidences claires ; à moins qu’ils n’imposent leur seule présence telles des graphies indécodables de cultures disparues, lointaines ou inconnues. Dans un cas comme dans l’autre, Huin réalise des compositions simplifiées et épurées ; il aime le dépouillement, le minimalisme. Pour lui, il s’agit uniquement et avant tout de peinture. Les objets n’ont qu’un intérêt secondaire, les formes, les contrastes, les couleurs et la lumière priment.
René Huin met un terme à sa fonction de professeur en 1993. En 1996, il perd sa compagne de vie Élisabeth. Quelques années plus tard, par le biais de sa peinture, il rencontre Christiane Ducoulombier qui le soutiendra et l'accompagnera pendant près de 20 ans. Tout au long de sa carrière, une grande obsession l’habite : « Il faut être libéré de la technique. Je souhaite échapper à un classement. Mon goût pour l’abstraction et la simplification me pousse à condenser et à rendre plus intenses les formes élémentaires et les couleurs fondamentales. J’aime jouer avec les couleurs fortes, toniques, éclatantes, aux valeurs de tons qui sonnent juste, et aux contrastes bien orchestrés. Ma peinture est comme une musique qui se simplifie toujours davantage, s’épure afin de tendre vers l’essentiel : la justesse et la mesure. » L’artiste s’éteint le 9 août 2019, il est alors âgé de 85 ans.
 
Références bibliographiques
Voiturier, M., 2001. René Huin, Abstraction|Figuration. Maison de la culture de Tournai. Direction générale des Affaires culturelles du Hainaut.