- Au café
Au café
Crayon et pastel sur papier
Signature en bas à gauche : Van Zevenberghen 
Annotations de couleurs au milieu à droite Titre en bas à gauche : Au café 
350 x 300 mm
Circa 1910

Georges Van Zevenberghen

(Bruxelles 1877 - 1968)
  - Au café
Au café
Crayon et pastel sur papier
Signature en bas à gauche : Van Zevenberghen 
Annotations de couleurs au milieu à droite Titre en bas à gauche : Au café 
350 x 300 mm
Circa 1910

Biographie

Georges Antoine Van Zevenberghen naît le 30 novembre 1877 à Molenbeek-Saint-Jean, dans un milieu artisanal. Son père, François Xavier Van Zevenberghen, est menuisier-ébéniste, et sa mère, Catherine Pauline Junes, est d’abord cuisinière puis commerçante. Il devient orphelin de père en 1881, à l’âge de trois ans, événement qui marque son enfance. Il grandit dans un environnement urbain bruxellois et manifeste très tôt des dispositions pour le dessin et l’observation attentive des objets et de la vie quotidienne. Il entreprend sa formation artistique à l’Académie de Molenbeek entre 1895 et 1896, où il acquiert les bases du dessin académique et de la représentation. Il poursuit ensuite ses études à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles de 1898 à 1899, où il perfectionne sa technique et développe sa sensibilité picturale. Il reçoit également l’influence déterminante du peintre Jan Stobbaerts, auquel il est apparenté. Ce dernier, figure importante du réalisme belge, l’encourage à observer la réalité avec sincérité et rigueur, ce qui marque durablement son orientation artistique.
En 1903, il effectue un premier séjour à Paris, qui constitue un moment essentiel de son évolution. Il y découvre notamment l’œuvre du peintre du XVIIIe siècle Jean Siméon Chardin, dont les natures mortes intimistes et la sensibilité silencieuse exercent sur lui une influence profonde et durable. Il retourne à Paris en 1910 puis en 1921, renforçant son intérêt pour une peinture fondée sur la simplicité des sujets, l’équilibre de la composition et la qualité de la lumière. À partir de ces années, il s’oriente vers un style personnel inspiré du luminisme, caractérisé par une attention particulière aux effets lumineux, à la douceur des atmosphères et à l’harmonie des tons. Son œuvre se compose principalement de natures mortes, de figures, de scènes allégoriques et de tableaux de fleurs. Il développe une peinture sobre et réfléchie, où les objets et les figures sont traités avec une grande sensibilité et une recherche constante d’équilibre. Son style évolue progressivement vers une simplification des formes et une organisation plus structurée de l’espace pictural, tout en conservant une grande fidélité à l’observation et à la lumière naturelle. Il s’inscrit ainsi dans la tradition de la peinture belge tout en affirmant une personnalité indépendante, attentive à la poésie des choses simples.
En 1906, il épouse à Louvain sa cousine Jeanne Sterckx. Après le décès de celle-ci en 1938, il se remarie en 1940 avec la peintre Georgina Iserbyt, qui fut son élève et son modèle. Le couple s’installe à Saint-Josse-ten-Noode, rue du Marteau, où il possède son atelier et travaille durant de nombreuses années. Il participe activement à la vie artistique belge et devient membre de groupes artistiques tels que Labeur et Pour l’Art, qui défendent une peinture sincère et exigeante. Il entretient également des liens d’amitié avec le sculpteur Guillaume Charlier. En 1926, il voyage en France avec plusieurs artistes, dont Valerius De Saedeleer et Auguste Oleffe, ce qui nourrit encore sa réflexion artistique. En 1953, il entreprend un voyage en Italie, où il approfondit son intérêt pour la tradition picturale européenne et la lumière méditerranéenne. En 1933, il est nommé professeur à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, fonction qu’il exerce jusqu’en 1948. Cette nomination constitue une reconnaissance officielle de son talent et de son expérience. Il y transmet son savoir à une nouvelle génération d’artistes, tout en poursuivant son propre travail, fidèle à ses recherches sur la lumière, la forme et l’équilibre.
Durant toute sa carrière, il reste attaché à une peinture intime et méditative, centrée sur la nature morte et la figure, où la lumière joue un rôle essentiel dans la construction de l’image. Ses œuvres sont conservées dans plusieurs musées belges, notamment à Anvers, Bruxelles, Mons et au Musée Charlier à Saint-Josse-ten-Noode, témoignant de la reconnaissance durable de son travail. Il meurt le 8 septembre 1968 à Saint-Josse-ten-Noode, à l’âge de 90 ans. Son parcours, qui s’étend de la fin du XIXe siècle jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, illustre la fidélité d’un artiste à une vision personnelle fondée sur la lumière, la simplicité des sujets et la recherche d’harmonie, faisant de lui une figure importante du luminisme belge et de la peinture intimiste.