- La Hongroise
La Hongroise
Crayon et sanguine sur papier claque
Cachet de la collection de la Demi-Lune (résidence de Félicien Rops) en bas à gauche : Coll. Rops
Circa 1879
310 x 220 mm

Félicien Rops

(Namur 1833 - Corbeil-Essones (France) 1898)
  - La Hongroise
La Hongroise
Crayon et sanguine sur papier claque
Cachet de la collection de la Demi-Lune (résidence de Félicien Rops) en bas à gauche : Coll. Rops
Circa 1879
310 x 220 mm

Œuvres

Félicien Rops - Le Sacrifice (étude)
Félicien Rops - Jeune femme à l'éventail
Félicien Rops - Jeune femme au repos

Biographie

Félicien Rops est un peintre, dessinateur et graveur belge né à Namur le 7 juillet 1833. Il est le fils unique de l’industriel Nicolas Rops et de Sophie Maubile. Dès 1838, Rops est scolarisé au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur. Il réalise ses premières caricatures à ce moment-là. Il quitte l’établissement de jésuites en 1849 et poursuit ses études à l’Athénée de Namur. Parallèlement, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts en peinture et reçoit l’enseignement de Ferdinand Marinus. La même année, son père décède et son oncle Alphonse, échevin de Namur, devient son tuteur légal. Il ne s’entendra jamais avec lui. Dans ses lettres, Félicien décrit celui-ci comme intransigeant et sermonnaire, ce qui ne fait qu’accroître sa soif de liberté et d’évasion. De plus, il se sent étouffé dans cette ville qu’il estime envahie par la pensée bourgeoise. Rops quitte Namur en 1953 pour s’inscrire en philosophie à l’Université Libre de Bruxelles. Il joue un rôle important dans la Société des Joyeux, cercle littéraire où il fait la connaissance de l’écrivain Charles de Coster. Il devient membre du club des Crocodiles qui édite une revue dans laquelle il publie de nombreuses caricatures. Il participe également à une revue critique qui s’attaque aux Salons officiels ; elle s’intitule successivement Le Diable au Salon et Les Cosaques au Salon.
En 1856, grâce à la fortune héritée de son père à sa majorité, il fonde Uylenspiegel, Journal des débats littéraires et artistique. Ce journal satirique révèle son talent de caricaturiste et de dessinateur politique. S’il apprécie particulièrement l’effervescence créative de ce milieu estudiantin, il ne cherche nullement à décrocher un diplôme. Il continue en revanche à se former à la peinture en fréquentant l’Atelier Saint-Luc, animé par Ernest Slingeneyer et rassemblant des artistes d’avant-garde tels que Louis Dubois, Louis Artan, Charles De Groux et Constantin Meunier. En 1957, il épouse Charlotte Polet de Faveaux, fille d’un juge au tribunal de Namur. Deux enfants naissent de leur union : Paul et Juliette, décédée en bas âge. Le couple se partage entre Namur, Bruxelles et le château de Thozée où ils accueillent de nombreux artistes et écrivains, dont Charles Baudelaire. Ce dernier est une figure centrale dans la vie et la carrière de Rops qui réalise en 1866 le frontispice des Épaves, le recueil des poèmes condamnés des Fleurs du Mal.
Peu à peu, Rops acquiert une certaine renommée en tant que graveur, lithographe et aquafortiste. Il expérimente toutes sortes de combinaisons entre l’eau-forte, le vernis mou, l’aquatinte et la pointe sèche. Son talent le mène à l’illustration de son premier ouvrage, Légendes flamandes de Charles De Coster en 1858. À partir des années 1860, Rops fait de fréquents allers-retours à Paris où se trouvent éditeurs et écrivains pour lesquels il fera un grand nombre d’illustrations. Il y multiplie les contacts, avant de s’y installer définitivement vers 1874. Ses satires publiées dans l’Uylenspiegel et dans le Crocodile décrivent Paris comme une ville à la merci du despotisme bonapartiste et de la censure aveugle. Plus tard, il n’aura pourtant plus que d’éloges pour Paris qu’il voit comme la délivrance de l’étouffante mentalité petite-bourgeoise qui sévit en Belgique. Néanmoins, ses relations avec la Belgique n’en sont pas pour autant négligées. En 1868, il participe à la fondation de la Société libre des Beaux-Arts de Bruxelles dont il deviendra le vice-président entre 1870 et 1876. Entre 1869 et 1871, à Bruxelles toujours, il crée la Société internationale des Aquafortistes qui contribue au renouveau de la gravure en Belgique.
Dès 1869, Rops fait la connaissance de deux sœurs couturières dont il tombe follement amoureux, Aurélie et Léontine Duluc. Elles signent leurs missives en entremêlant leurs prénoms, « Auréléon », signifiant leur amour commun pour cet homme hors norme. En 1971, Léontine donne naissance à une fille, Claire. En 1874, Rops se sépare de sa femme légitime et s’installe définitivement à Paris avec les deux modistes. C’est pendant cette période que Rops atteint l’apogée de sa renommée. Il est l’illustrateur le plus grassement payé de Paris, familier des cercles littéraires et des grands auteurs de son temps, de Barbey d’Aurevilly, à Villiers de l’Isle-Adam, les frères Goncourt ou Verlaine. L’année 1878 voit naître La tentation de Saint Antoine et Pornokratès. Outre le scandale qu’elle provoque, Pornokratès est une œuvre symboliste majeure. Dans celle-ci, une femme nue, les yeux bandés, se laisse mener par un porc. Au Moyen Âge, le porc est le symbole de la fertilité, de la cupidité et de la volupté. Dans Pornokratès, la femme se laisse donc mener par la volupté. C’est la nième illustration de la conception de Rops et de ses contemporains masculins qui veut que l’homme soit dominé par la femme et la femme par le diable, qui se manifeste dans la volupté. Rops est un voyageur enthousiaste. En 1880, il part pour l’Espagne. Les années précédentes, il a visité la Hongrie, l’Italie, la Norvège et la Suède. En 1883, le Cercle des XX est créé à Bruxelles. Il rassemble des artistes progressistes qui se révoltent contre les circuits artistiques officiels et veulent propager un modernisme basé sur l’individualisme en organisant des expositions annuelles. Rops en devient membre à titre d’ « ancien » du mouvement de renouveau artistique, aux côtés d’artistes tels que James Ensor, Fernand Khnopff, Théo van Rysselberghe et plus tard Auguste Rodin. En 1886, la rencontre avec le graveur Rassenfosse marque le début d’une longue et fructueuse collaboration. Ensemble, il développent un « vernis mou » transparent : le Ropsenfosse. Rops consacre une attention particulière et un temps infini à l’aspect artisanal de son métier.
Durant les dix dernières années de sa vie, Rops souffre d’une maladie des yeux. Sa production phénoménale diminue. Il se retire de plus en plus souvent à La Demi-Lune, sa maison de campagne à Corbeil-Essones près de Paris, où il se consacre à la culture des roses. Félicien Rops, alors âgé de 65 ans, meurt le 23 août 1898 entouré des sœurs Duluc, de sa fille Claire et de ses amis les plus proches. Bien que son œuvre soit souvent jugée trop frivole ou trop obsessionnelle, les plus perspicaces de ses contemporains ont reconnu ce qui défierait le temps : un réalisme inexorable qui dépasse sans peine les limitations du décor. Son choix d’un sujet ou sa manière de traiter une commande, libres de toute contrainte, le distinguent des disciples du naturalisme. Des caricatures de sa jeunesse aux paysages de dunes et aux sous-bois en passant par toutes les facettes du demi-monde, il aspire sans relâche à l’honnêteté. Les intentions de l’artiste de sont pas de choquer éventuellement, mais de montrer le drame des temps modernes. Les émotions ambivalentes de joie de vivre et de mélancolie face à la mort sont rarement rendues avec autant de force.
 
Références bibliographiques
Blondeau, N., 1995. Félicien Rops, Hôtel de Ville Bruxelles, Salles Ogivale et de Milice, Du 15 avril au 24 mai 1995. Verviers : Nathalie Blondeau. [Exposition]
Keitelman, M., Van de Velde, R. et al., 1996. Œuvres de Félicien Rops, 1833-1898, Peintures – Aquarelles, Dessins. Anvers-Bruxelles : Editeurs Ronny Van de Velde NV Maurice Keitelman SPRL.
Mattart, A., 1995. Félicien Rops, in Éliane De Wilde, Le dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu’aux artistes contemporains. Bruxelles : La Renaissance du Livre.